Phase lutéale

Phase lutéale : le ressenti
des jours qui précèdent les règles

Vous avez plus faim, moins d’énergie, et votre humeur part dans tous les sens. Rien d’anormal : avant les règles, les hormones expliquent ces variations, et quelques repères simples, dans l’assiette comme dans l’agenda, rendent cette phase plus douce à vivre.

Écran Recettes de l’application Nurture proposant des idées de repas adaptées à la phase du cycle
L’essentiel en 30 secondes

La phase lutéale occupe les 10 à 14 derniers jours du cycle. C’est la progestérone qui domine alors : la température du corps monte un peu et le métabolisme de repos augmente de 100 à 300 kcal par jour, ce qui explique que la faim se fasse plus sentir. Vers la fin de la phase, fatigue, irritabilité, ventre gonflé et seins sensibles reviennent souvent. Environ 75 % des femmes en ressentent au moins un. Beaucoup se sentent mieux avec des repas plus copieux, une collation prévue d’avance, un peu moins de café l’après-midi et une activité physique douce.

Ce que beaucoup ressentent en phase lutéale

Chaque cycle a sa propre couleur, mais certains ressentis reviennent souvent dans la seconde moitié du mois. Quand on sait les repérer, on cesse de les prendre pour une énigme ou pour un manque de volonté.

Le corps

Ventre gonflé, seins sensibles

Une sensation de ventre plus tendu, des seins plus sensibles, parfois quelques boutons ou des tiraillements musculaires. Ces signes apparaissent souvent dans les 5 à 10 jours qui précèdent les règles.

L’humeur

Irritabilité, émotions à fleur de peau

Une patience plus courte, une nervosité inhabituelle, une envie de calme. Beaucoup décrivent une humeur plus fluctuante en fin de phase, sans raison apparente.

L’appétit

Faim accrue, envie de sucré

Des fringales en fin d’après-midi, une attirance pour le chocolat ou le pain. C’est l’un des ressentis les plus fréquents, et il a une explication physiologique.

L’énergie

Fatigue, sommeil plus léger

Une énergie qui décline au fil des jours, des nuits moins réparatrices, l’envie de ralentir. Le rythme de la première partie du cycle semble loin.

Tableau de bord Nurture qui situe le jour du cycle et la phase en cours

Pourquoi ces ressentis : les hormones en coulisses

Une fois l’ovulation passée, le corps entre dans la phase lutéale. La progestérone devient l’hormone dominante, épaulée par une seconde vague d’œstrogènes. La température basale grimpe de 0,3 à 0,5 °C et se maintient sur ce plateau jusqu’aux règles. À la fin de la phase, les deux hormones retombent.

Ces variations sont normales, mais toutes les femmes ne les vivent pas avec la même intensité. Cette sensibilité agit sur la sérotonine et le GABA, deux messagers du cerveau qui interviennent dans l’humeur, le calme et le sommeil. C’est pour cela que la fin de phase lutéale est souvent le moment où l’on se sent plus fragile, plus fatiguée ou plus irritable.

Pour situer ces jours dans votre propre cycle, notre guide sur la durée de la phase lutéale détaille comment la repérer, et l’article comment savoir dans quelle phase du cycle je suis vous donne quatre repères simples.

Le chiffre à retenir

+100 à 300 kcal

C’est la hausse du métabolisme de repos observée chaque jour en phase lutéale, sous l’effet de la progestérone.

Faim et envies de sucré : un appétit qui change

Avoir plus faim avant ses règles, ce n’est ni un caprice ni un écart de conduite. Au repos, le corps brûle un peu plus d’énergie, et il réclame de quoi compenser. Vouloir étouffer cette faim en sautant un repas se retourne souvent contre vous : la fringale revient plus forte en fin de journée, et elle vise presque toujours le sucré.

Beaucoup de gens font plutôt le choix d’anticiper la faim que de lui résister. Ils prennent un déjeuner plus copieux, avec des glucides complets et des protéines, puis prévoient une collation vers 16 h : un yaourt avec des noix, une banane et quelques amandes, deux carrés de chocolat noir. La faim ne disparaît pas, mais on sait quand elle arrive, et elle se supporte mieux.

Nous avons consacré un article entier à cette question : pourquoi j’ai faim avant mes règles, avec des idées de collations pour chaque moment de la journée.

Dans l’assiette : des aliments à privilégier

Ce n’est pas un régime : il suffit de quelques familles d’aliments qui vont dans le sens des envies naturelles de cette phase. Ce qui compte vraiment, c’est l’alimentation sur l’ensemble du cycle, bien plus qu’un changement ponctuel dans les jours qui précèdent les règles.

01

Des glucides complets

Flocons d’avoine, riz complet, patate douce, pain complet. Des repas qui tiennent au corps quand la faim grimpe, avec une assiette plus copieuse le midi.

02

Des sources de magnésium

Quelques carrés de chocolat noir à 70 % et plus, une poignée d’amandes, une banane, des épinards. Des aliments à privilégier quand l’envie de sucré se fait sentir.

03

Des oméga-3

Saumon, sardines, maquereau, graines de lin moulues, noix de Grenoble, huile de colza. Faciles à glisser deux à trois fois par semaine dans vos menus.

04

Des boissons douces

Tisanes de gingembre, de camomille ou de menthe poivrée, thé vert léger. Une alternative au café que beaucoup apprécient en fin de journée.

À l’inverse, beaucoup préfèrent lever le pied sur le sel des plats préparés, qui accentue la sensation de ventre gonflé, et sur les sucres raffinés des pâtisseries industrielles, dont les pics suivis de chutes accentuent la fatigue. Rien n’est interdit pour autant : il s’agit simplement de choisir sans se sentir coupable.

Bouger, dormir, ralentir : ajuster son rythme

Bouger régulièrement aide à traverser la fin du cycle avec plus de calme, et c’est l’un des points les mieux documentés sur le sujet. L’effort stimule la production d’endorphines et de sérotonine, tout en faisant baisser le cortisol. Pendant la phase lutéale, beaucoup de femmes préfèrent des activités modérées, comme le yoga, la marche, la natation ou le pilates, aux séances très intenses.

Côté boissons, la caféine peut rendre nerveux et retarder l’endormissement chez les personnes sensibles. Beaucoup s’en tiennent à une ou deux tasses par jour, et plus rien après 14 h. Le soir, une tisane chaude finit par devenir un petit rituel : le corps comprend qu’il est temps de ralentir.

Enfin, notez vos ressentis. Un suivi de cycle tenu sur deux ou trois mois révèle vos propres motifs : le jour où la faim monte, celui où l’énergie flanche. Si ces ressentis deviennent envahissants, notre guide sur le syndrome prémenstruel vous aide à y voir plus clair.

Illustration d’une branche d’eucalyptus aux feuilles rondes, emblème de Nurture

La question du soir

« Sur une échelle de 1 à 5, comment étaient mon énergie, mon humeur et mon appétit aujourd’hui ? » Trois chiffres suffisent pour apprendre à lire votre phase lutéale.

Ressenti fréquent ou syndrome prémenstruel ?

Tout le monde ne vit pas sa phase lutéale de la même façon. La frontière entre un ressenti passager et un vrai poids sur le quotidien se lit surtout dans l’intensité et la régularité, cycle après cycle.

75 %

des femmes en âge d’avoir des enfants ressentent au moins un signe prémenstruel pendant la phase lutéale.

20 à 30 %

vivent un syndrome prémenstruel assez intense pour peser sur leur quotidien, au travail comme à la maison.

3 à 8 %

sont concernées par le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), une forme sévère qui demande un suivi médical.

L’intensité varie d’un cycle à l’autre chez une même femme, selon le sommeil, le stress, l’alimentation ou des facteurs génétiques. Pour comprendre les mécanismes en détail et les leviers alimentaires associés, lisez notre dossier complet sur le syndrome prémenstruel et l’alimentation, ainsi que notre page sur le magnésium et les règles.

Votre phase lutéale,
avec des repas qui la comprennent

Nurture détermine à quelle phase de votre cycle vous êtes grâce aux dates de vos règles. L’appli vous suggère ensuite des recettes et des collations adaptées aux jours qui précèdent vos règles.

Questions fréquentes sur le ressenti en phase lutéale

Qu’est-ce qu’on ressent pendant la phase lutéale ?
Beaucoup de femmes décrivent une faim plus marquée, une envie de sucré, un coup de fatigue en fin de phase, une humeur qui part dans tous les sens, des seins sensibles ou le ventre gonflé. Tout ça se concentre surtout dans les 5 à 10 jours qui précèdent les règles, et ça change d’un cycle à l’autre comme d’une personne à l’autre.
Pourquoi a-t-on plus faim avant les règles ?
Pendant la phase lutéale, la progestérone prend le dessus et la température du corps grimpe un peu. Le métabolisme de repos augmente de 100 à 300 kcal par jour, alors si vous avez plus faim à ce moment du cycle, c'est normal. Beaucoup de femmes passent mieux cette période avec un déjeuner plus copieux et une collation prévue vers 16 h.
Est-ce normal de se sentir irritable en phase lutéale ?
Ça arrive très souvent : environ 75 % des femmes ressentent au moins un signe prémenstruel. Ces variations ne sont pas « dans la tête ». Certaines femmes réagissent simplement plus fort aux fluctuations naturelles de la progestérone et des œstrogènes, et ces hormones agissent sur la sérotonine et le GABA, deux messagers chimiques qui interviennent dans l'humeur et le calme.
Combien de temps dure la phase lutéale ?
La phase lutéale occupe en général les 10 à 14 derniers jours du cycle, juste avant les règles. C’est la phase la plus stable : c’est surtout la phase folliculaire, au début du cycle, qui s’allonge ou se raccourcit d’un mois sur l’autre.
Le café change-t-il le ressenti en phase lutéale ?
La caféine peut accentuer la nervosité, compliquer l'endormissement, rendre les seins plus sensibles et augmenter l'irritabilité chez les personnes qui y réagissent fortement. Pendant la phase lutéale, beaucoup de femmes se contentent d'une ou deux tasses par jour et arrêtent le café après 14 h. À la place, elles prennent du thé vert ou une tisane de gingembre, de camomille ou de menthe poivrée.
Quand en parler à un professionnel de santé ?
Si vos ressentis prémenstruels pèsent sur votre travail, vos relations ou votre sommeil, cycle après cycle, parlez-en à votre médecin ou à votre gynécologue. Entre 3 et 8 % des femmes vivent un trouble dysphorique prémenstruel, une forme sévère qui mérite un vrai suivi médical. Un carnet de vos ressentis sur deux ou trois cycles facilite beaucoup cet échange.

Cette page est informative et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. En cas de doute sur votre cycle, parlez-en à votre médecin ou à votre gynécologue.

Information importante

Les contenus de Nurture sont écrits par la rédaction Nurture à partir de sources scientifiques (PubMed, méta-analyses, recommandations officielles). Ils servent à informer, pas à remplacer une consultation médicale. Si vous suivez une prescription médicale, si vous êtes enceinte, si vous allaitez ou si vous avez une pathologie (endométriose, SOPK, anémie, troubles thyroïdiens), parlez-en à votre médecin avant de changer votre alimentation ou de prendre un complément.

Sources d'autorité : HAS, Inserm, ANSES, Ameli.